Le yi jin jing ; influences et symbolisme

Publié le 29 Janvier 2017

Les exercices physiques sont le reflet d’une culture et de son histoire, les formes chinoises en sont un exemple marquant.(1)Toutes les méthodes de yi jin jing ; et il y en a de nombreuses et de dissemblables, se rattachent à la figure emblématique de Bodhidharma ; premier patriarche du bouddhisme chinois. Ces enchaînements sont liés à la pratique méditative du chan et aussi à l’art martial du monastère de Shaolin, ils ont traversé les vicissitudes de l’histoire des arts martiaux, interdictions, pressions du pouvoir, destructions, fermetures des temples, puis renaissances.

Malgré tout ceci, la forme, nous devrions dire les formes se sont transmises non sans transformations ; la pratique initiale menée par Bodhidharma semble certainement perdue, les formes actuelles proposées s’ordonnent en deux courants l’un rattaché à l’art martial de défense conservant ainsi l’idée originelle destinée à des moines combattants, l’autre certainement de facture plus récente dirigé vers l’amélioration de la santé.

Soulignons l’origine indienne de Bodhidharma et ainsi la double emprise du bouddhisme d’une part et du yoga (2)d’autre part sur cet enchainement. Afin de mettre en évidence ces influences, nous prendrons un exemple issu des séries liés à la santé celles-là même qui s’inspirent du wei sheng yao shu (essentiel de l’hygiène) collectées et écrites par Pan Wei (milieu du XIXème siècle). Elles possèdent une même ossature fondée sur le nombre d’exercices et les appellations des mouvements à ceci près que l’école daoyin yangsheng gong (3)propose une suite en 10 mouvements.

WEI TUO OFFRE LE PILON (1er exercice du yi jin jing)

La série est inaugurée par cette posture immobile qui semble s’apparenter à Vrikshâsana ou posture de l’arbre du hatha-yoga. Les mains sont jointes en Anjali -mudrâ (forme de prière, d’offrande ou de vénération) L’école daoyin yangsheng gong propose une posture pieds joints pour cet exercice, d’autres sources (4) préconisent une posture large et basse en posture du cavalier (mabu).

L’attitude générale est en adéquation parfaite avec les représentations de Wei Tuo ; mains jointes, un sabre ou un bâton noueux destiné à chasser les démons posé à l’horizontale sur ses avant-bras. Ce personnage considéré comme une divinité bouddhique, un Deva (5) présiderait à la prière, à l’apaisement et au repos, qualités en parfaite concordance avec la volonté de mise en condition mentale et physique de ce premier exercice.

Wei Tuo est considéré comme un protecteur du bouddhisme, il y tient cette place dans les temples, pagodes, lieux de pèlerinage, et aussi routes et chemins. Est-ce là la raison de la présence de Wei Tuo dans cet enchaînement ; apporter protection à ceux qui s’adonnent à cette pratique ?

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Sources :

Le guide Marabout du yoga J.Tondriau J.Devondel

Les dieux du bouddhisme L.Frédéric

Pour comprendre le yoga Dr de Sambucy

Qi gong : la santé autonome II Christophe Labigne Association d’énergétique chinoise traditionnelle « Méridiens » C.Labigne

Recherches sur les superstitions en Chine Tome VII père Henri Doré

Se maintenir en bonne santé Li Jingwei et Zhu Jianping

Yi jin jing Zhang Guangde IIDYYSG

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(1) Nous pourrions en dire autant des yogas, des gymnastiques et des arts de combat

(2) Sur ce sujet lire Pour comprendre le yoga du Dr de Sambucy, cet auteur avance des hypothèses sur l’antériorité de l’un ou de l’autre de ces yogas ; yoga égyptien, iranien, indien, chinois… peut-être une souche commune

(3) Du Professeur Zhang Guangde

4) Selon C.Labigne

(5) Selon L.Frédéric leurs cultes ne se seraient épanouis qu’à partir de moment où les sectes ésotériques (ou tantriques) se développèrent d’abord en Chine et au Tibet, puis au Japon

Rédigé par Thierry Lambert

Publié dans #Yi jin jing

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