Publié le 24 Juin 2017

La médecine chinoise puisse ses racines dans les temps antiques, rien ne vient attester de l'existence réelle des inventeurs de la médecine chinoise, ceci relève des mythes de la Chine ancienne. La création ou la découverte des trigrammes, l'utilisation des plantes comme remèdes et l'utilisation des poinçons de pierre pour agir sur les points d'énergie ont été attribuées à trois personnages légendaires des temps mythiques.

 

 

 

 

 

 

 

 

FU XI ; LE PREMIER DES TROIS AUGUSTES

Fu Xi serait à l'origine de la chasse, de la pêche, de la cuisson des aliments, de l'élevage, des constructions des maisons, du calendrier, de l'utilisation des métaux, des cordes nouées et des trigrammes. Au sujet de l''invention de ces trigrammes, deux thèses différentes semblent s'opposer, la tradition raconte que Fu Xi reçut du ciel par l'intermédiaire d'un cheval-dragon un tableau qui lui permit de créer les trigrammes. La deuxième provient du Yi Jing ; dans le grand commentaire (Da Zhuan) est exposé l'histoire de la civilisation chinoise en rapport avec les hexagrammes du Yi Jing dans laquelle Fu Xi fait figure de fondateur de la nation chinoise où son sens d'observation et son esprit pénétrant s'unissent pour mettre en forme les trigrammes.

 

 

L'INFLUENCE DU CIEL ; LE TABLEAU DU FLEUVE

Fu Xi aurait reçu d'un cheval dragon le He Tu (le tableau du fleuve), symboliquement l'apparition d'un dragon annonce une bonne nouvelle ou un changement très bénéfique.

L'étymologie de l'idéogramme Tu nous indique ceci (Wieger76 F) : Les combinaisons qu'il faut faire dans sa tête pour arranger son grenier quand on a plus de grains qu'on ne peut en loger. Sens étendu ; Méditer Combiner Projeter Plan calcul

L'idéogramme Tu n'a pas seulement le sens de plan ou de tableau mais aussi celui de réfléchir, de combiner, ou de créer quelque chose avec l’esprit. Nous verrons plus loin que la contemplation du diagramme du He Tu a inspiré à Fu Xi la création des trigrammes, la combinaison des traits pleins et discontinus. Tout n'a pas été donné par le ciel, l'influence céleste a sans conteste favorisé une création humaine en offrant le tableau du fleuve au fondateur de la nation chinoise mais celui-ci a su à partir des données du ciel créer un système de classification à partir des nombres, du ciel, et de la terre.

Philastre voyait dans ce cheval dragon le symbole du lever du soleil (le dragon) son coucher (le cheval) dans les figures du tableau (les points ronds noirs ou blancs) des astres et constellations et dans les trigrammes les phases de la lune. Pour lui la base fondamentale du Yi Jing est une observation astronomique !

Voici à quoi ressemble le tableau tel que les néo-confucianistes l'ont présenté sous la dynastie des Song (960-1279) Ce tableau était composé de figures ; points ronds blancs ou noirs groupés dans un certain ordre.

C'est l'origine des cinq éléments à partir des nombres pairs et impairs :

L'eau au nord naît du 1 du ciel qui s'associe au 6 de la terre
Le feu au sud naît du 2 de la terre qui s'associe au 7 du ciel
Le bois à l'est naît du 3 du ciel qui s'associe au 8 de la terre
Le métal à l'ouest naît du 4 de la terre qui s'associe au 9 du ciel
La terre naît du 5 du ciel qui s'associe au 10 de la terre

Ce tableau est l'association de deux systèmes de pensée, l'un issu du Yue Ling (traité sur le calendrier) qui indique l'emplacement que le fils du ciel (l'empereur) doit occuper quand il édicte les ordonnances mensuelles sur l'emplacement du Ming Tang (bâtiment à cinq salles disposées en croix) ceci en suivant les saisons ; les nombres étant associés aux saisons. L'autre système est issu du Hong Fan qui associe les nombres aux éléments ; eau, bois, feu, terre, métal.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

LA CREATION DES TRIGRAMMES ; FU XI OBSERVE ET CREE

 

Alors que dans les temps anciens Fu Xi gouvernait le monde,
 il leva les yeux et contempla les images issues du ciel,
 il abaissa les yeux et contempla les phénomènes de la terre.
 Il contempla les signes des oiseaux et des animaux
 et constata leur adaptation aux régions. Il procéda
 directement à partir de lui-même et indirectement
 à partir des choses. Il inventa ainsi les huit trigrammes
 pour entrer en connexion avec les vertus
 des dieux lumineux et classer les conditions
 de tous les êtres. (Le grand commentaire
, chapitre II histoire de la civilisation §1)

Ici point de révélation par un animal messager du ciel (un dragon ou une licorne), Fu Xi observe, s'imprègne des choses au-dessus de lui, en dessous, en lui et autour de lui. Ces observations le pousse à inventer les trigrammes donnant aux humains la possibilité de communiquer avec le ciel.

Il fit des cordelettes nouées et les utilisa 
comme filets et comme nasses
 pour la chasse et la pêche.
 Il tire probablement cette invention
 de l'hexagramme CE QUI S'ATTACHE
 (le grand commentaire chapitre II
 histoire de la civilisation §2)

 

 

 

Image de l'hexagramme n°30 Li

 

Le dessin formé par l’hexagramme aurait suggéré à Fu Xi l'invention des cordelettes nouées, donc de la chasse et de la pêche (l'hexagramme qui est partagé à l'intérieur et fermé à l'extérieur est l'image des mailles d'un filet dans lequel les animaux restent attachés)

 

IMAGE ET YIN YANG

L'origine des trigrammes provient du Taiji, celui-ci laisse apparaître plusieurs images ; la poutre faîtière, et le clair et le sombre.

La poutre faîtière

 

Ji est originellement une poutre faîtière


 

Il s'agit d'un simple trait

A partir cette unité, la dualité apparaît à travers les opposés tels que le haut et le bas, la droite et la gauche, le devant et le derrière. Ces opposés sont devenus ensuite le yin et le yang.

Le clair et le sombre

Le yin yang exprime aussi l'image de deux vallées, l'une exposée au Sud correspond au clair, l'autre exposée au Nord correspond au sombre. Ces images donneront naissance au diagramme du yin yang. Notons qu'ici aussi, nous trouvons une rivière qui délimite les deux vallées, certainement le fleuve jaune qui a vu naître la nation chinoise.

LES TRIGRAMMES

 

Le grand premier commencement (Tai Ji)

 

engendre les deux puissances fondamentales (Yi) :

 

le yin (l'obscur)

 

le yang (le lumineux)

Les deux puissances fondamentales engendrent les quatre images (Xiang)

le vieux yang ou grand yang (tai yang) correspond à la saison de l'été

 

le vieux yin ou grand yin (tai yin) correspond à la saison de l'hiver

le jeune yang ou petit yang (shao yang) correspond à la saison du printemps

le jeune yin ou petit yin (shao yin) correspond à la saison de l'automne

Les quatre images engendrent les huit trigrammes (Gua)

 

(Da Zhuan le grand commentaire chapitre XI § 5)

 

 

YI JING ET MEDECINE

 

Le maître dit : « Reconnaître les germes est assurément divin.
 L’homme noble ne flatte pas dans ses rapports
 avec les supérieurs, il n’est pas arrogant dans
 ses rapports avec les inférieurs. Il connaît assurément
 les germes. Les germes sont le premier,
 l’imperceptible commencement du mouvement,
 la première trace de fortune (ou d’infortune) 
qui se manifeste. L’homme noble voit les germes
 et agit aussitôt. Il n’attend pas le jour entier." 
(Da Zhuan, le grand commentaire chapitre IV § 11)

 

A. Cheng met en évidence dans son chapitre consacré à « l’infime amorce », l’importance donnée aux germes des événements. Dans le Yi Jing, Kong Fu Zi (Confucius) insiste sur le terme Ji signifiant annonce d’un changement, ce terme est très proche de Yi du Yi Jing qui se traduit par mutations. Le Yi Jing permet par la pratique divinatoire d’entrer en contact avec le « sans- forme », cette acuité permet de discerner les germes des actions ou des événements futurs.

 

C’est ce que cherche le médecin chinois, il scrute à travers les signes les plus tenus, les plus petits les germes d’un trouble ou d’une maladie avant qu’elle ne soit installée. Agir avant que le mal ne s’installe, savoir reconnaître les germes de la maladie tels sont les préoccupations du médecin chinois, en cela il se rapproche du sage.

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SOURCES :

Caractères chinois Wieger

Dictionnaire français de langue chinoise Ricci

Histoire de la pensée chinoise A. Cheng

La pensée chinoise M.Granet

Les signes et les mutations Wang Dongliang

Le Yi king traduit par Philastre

Yi King R.Wilhem

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Rédigé par Thierry Lambert

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Publié le 23 Juin 2017

Si le wu wei constitue le fondement de l’action, comment se manifeste celle-ci dans l’art du shiatsu ? Bernard Bouheret compare le rythme du shiatsu au flux et au reflux de la mer, nous trouvons cette même image dans la pratique du taiji quan, ce flux et ce reflux manifestent le mouvement du yin et du yang :

 

 

















« La longue boxe est semblable aux flots du Fleuve Bleu
 ou de la mer, qui se meuvent continuellement et sans fin »[1]

 

Ce mouvement ne possède ni début ni fin, tout comme le cœur, le corps est en mouvement ; s’arrêter, se rigidifier, se crisper, c’est ne pas suivre le mouvement de la vie. L’eau est une force, agir comme l’eau, s’identifier à celle-ci, à ce flux et ce reflux c’est retrouver un état naturel. Un état naturel, c’est ce que recherchent les taoïstes, au chapitre 78 du Dao De Jing, il est écrit :

 

« Rien n’est plus souple et plus faible que l’eau,
Mais pour enlever le dur et le fort,

rien ne la surpasse. Et rien ne saurait la remplacer.
 La faiblesse a raison de la force.

La souplesse a raison de la dureté. Tout le monde le sait
 mais personne ne peut le mettre en pratique… ».[2]

Ce flux et ce reflux représentent le quatrième principe du Hakko Ryu

 

 















"La capacité d’alternance pendulaire du flux et du reflux :
Agir en fonction du mouvement de l’énergie naturelle."

 

Agir en fonction du mouvement naturel de l’énergie, c’est manifester l’alternance du yin et du yang par ce mouvement de flux et de reflux comparable au mouvement de la mer mais c’est aussi agir dans le sens des méridiens d’acupuncture ; c’est suivre le sens de circulation de l’énergie en pressant sur les méridiens. La prise de contact par le pouce puis la pression de celui-ci correspond au flux, le retrait progressif du pouce puis son mouvement vers une autre zone correspond au reflux.

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[1] Traité sur le taiji quan (attribué à Zhang San Feng) C3 Yangjia michuan taiji quan tome 1 Wang Yen Nien

[2] P 81 Philosophes taoïstes Gallimard On peut voir aussi dans cette maxime des conseils sur la conduite des affaires politiques ou guerrières.

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(extrait de Posture et Shiatsu mémoire de T.Lambert rédigé au cours de sa formation auprès de l'ARTEC)

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Photos :

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Publié le 20 Juin 2017

Deux idéogrammes chinois expriment l’idée de la pensée ; Yi et Shen. Yi est l’entité psychique de la rate, shen celui du cœur. Le Yi nous l’avons déjà abordé en début de cette étude, nous l’avons nommé la « voix du cœur ». Catherine Despeux quant à elle nous propose pensée créatrice afin de le définir. Soulié de Morant y voit lui la concentration de l’esprit, la faculté de comprendre et enfin Martine Espouy voit dans le Yi comme une pensée informelle, et d’un autre côté le cœur comme le passage des esprits, il est vide, il ne retient rien. Il est conscience immédiate sans mémoire.[1]

« Shen représente l’intelligence du cœur,
la compréhension profonde des choses, le discernement ».[2]
Shen les esprits (les uns d’origine céleste,
les autres étant des êtres humains
divinisés ou canonisés) dieux, divinités,
génies, principe vital supérieur,
quintessence de l’énergie vitale supérieure,
 âme supérieure, esprit, vitalité, entrain,
énergie, allant, prodigieux, merveilleux,
 surnaturel, miraculeux  4317 (Ricci)

Shen  est composé

de Shi

Influences venant d’en haut, signes de bon ou de mauvais augure. Par exemple le ciel instruit les hommes ; les deux lignes horizontales figurent le ciel, les trois lignes verticales expriment ce qui pend du ciel ; le soleil, la lune, les étoiles dont les mutations révèlent aux hommes les choses transcendantes (Wieger 3)

Et de Shen  

Le caractère ancien exprimait l’idée de l’expansion alternante des forces naturelles (Wieger 50 C)

Shen provient du Ciel, il appartient au domaine des esprits, il anime. Le Shen est le principe organisationnel, il s’éclate en 5 Shen chacun étant la racine d’un organe.[3]

 

Le Shen du Ciel se divise en 5 Shen

Nous avons pu observer l’importance du cœur dans la relation qui s’établira entre le praticien et le receveur du shiatsu, il est une partie de la personne qui résonne avec le cœur de l’univers, le silence et le vide permet l’apparition d’une voie de guérison ou de mieux-être, celle-ci ne se montre que dans le recueillement, loin de nos bruits intérieurs.

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[1] Voir Prodigieuses victoires de la psychologie chinoise Daniel Laurent p 120/121

[2] P26 Shiatsu 2 P. Jasinski ARTEC

[3] Shiatsu 2 P. Jasinski ARTEC

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(Extrait de Posture et Shiatsu mémoire de T.Lambert rédigé au cours de sa formation auprès de l'ARTEC)

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Rédigé par Thierry Lambert

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Publié le 17 Juin 2017

Barreurs de feu, rebouteux, magnétiseurs, sages...Ils soignent certains maux de manière - selon "notre rationalité" - inexpliquée. Qu'est-ce le chamanisme et que nous dit-t-il de nos propres représentations du corps, de la maladie? Le chaman serait-il la nouvelle figure de la guérison post-moderne ?

 

A écouter sur France Culture dans CulturesMonde par Florian Delorme ci-dessous le lien (sources photos France Culture)

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Rédigé par Thierry Lambert

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Publié le 14 Juin 2017

 
APPRENDRE A ECOUTER ; VIDER SON COEUR

Pour cela, le praticien de shiatsu se place dans une disposition intérieure particulière appelée « écoute du cœur » ou « écoute du Shen (1) ; pour ce faire il s’y exerce en appliquant simplement ces deux points :

S’asseoir confortablement en fermant
 les yeux (fermer les yeux favorise
 l’introspection)
 
 « écouter » en direction de la zone
 du cœur, concentrer toute son  attention
 vers la zone du cœur. On parle ici 
d’une pensée chargée d’intention (le Yi)
Etymologique l’idéogramme Yi

Yi se compose de

Yin

signifiant son, bruit, son de la voix, paroles, son musical

Et de Xin

signifiant cœur

 

Yi porte donc dans sa graphie le sens de : « son du cœur » ou « voix du cœur »

Cet exercice a une grande importance étant donné qu’il prépare à la rencontre du praticien de shiatsu et de son patient. Le thérapeute se met dans cette disposition intérieure afin d’être à l’écoute. Mais pourquoi écouter son propre cœur afin de s’ouvrir à l’autre ? Voici quelques réponses à cette question à travers des extraits d’un texte anonyme qui m’avait été communiqué à l’occasion de ma formation en shiatsu, malheureusement la personne avait omis de nous livrer l’auteur de ces lignes très intéressantes. Le texte s’intitule : « écoute du cœur et rencontre thérapeutique »

 

« Dans la Chine ancienne, la qualité première
 du médecin est d’être ;
 Xu Xin, cœur vide – cœur disponible »
 
« Ici le thérapeute ne cherche pas à tout prix
 à saisir des symptômes, à établir un diagnostic
dans les meilleurs délais, à justifier son 
intervention en intervenant le plus vite
possible selon un savoir, une technique… »
 
« Elle est une simple ouverture à ce qui apparaît
 quel que soit sa faiblesse ou son instabilité »
 
« Dans l’écoute du cœur, il y a témoignage 
de la rencontre entre deux êtres à travers
 des imperfections mutuelles, en différant
 l’irruption des jugements ou en s’en distanciant
 autant que possible »

 

D’après l’auteur de ce texte, ce qui apparaît tout d’abord à la conscience du thérapeute ce sont ses propres limitations, imperfections ou problèmes ; ceux-ci s’atténuent peu à peu étant donné que le thérapeute est lui aussi en chemin de sa propre guérison ; ils laissent ensuite la place à la possibilité d’une écoute véritable de l’autre. Le cœur est au centre de cette rencontre, il se vide de ses propres préoccupations afin de pouvoir être à l’écoute. Ces lignes semblent s’inspirer du plus connu des penseurs taoïstes Lao Zi qui dans le Dao De Jing, par quelques simples images nous fait appréhender la supériorité du vide.

 


















Chapitre XI (extrait)
 
« Trente rayons convergent au moyeu
Mais c’est le vide médian qui
Confère à la voiture sa fonction
On façonne l’argile pour faire des vases,
Mais c’est du vide interne
Que dépend son usage.
Une maison est percée de portes et de fenêtres
C’est encore le vide qui
Permet l’usage de la maison.
Ainsi « ce qui est » constitue
La possibilité de toute chose
«Ce qui n’est pas »
Constitue sa fonction » (2) Lao Zi
 
C.Larre et E.Rochat de la Vallée tous deux
 spécialistes de médecine chinoise nous
 livrent leurs réflexions sur ce même sujet (3)
 
« Le cœur est vide quand il est capable
 de tout recevoir, accepter, considérer, 
parce qu’il n’est pas fixé, arrêté sur
une idée, un désir. Ne rien exclure de
ce qui existe permet de ne pas s’émouvoir
 exagérément et de réagir juste »
 
Ce texte apporte une autre facette de
Xu Xin, non seulement le cœur est vide
de nos jugements ou de nos propres
problèmes comme on l’a vu précédemment
mais aussi il n’est pas arrêté sur une idée
 ou un concept, il est en mouvement.

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[1] Principe vital supérieur, quintessence de l’énergie vitale, âme supérieure (Ricci 4317)

[2] P 13 Philosophes taoïstes Gallimard

[3] P81 Les mouvements du cœur C.Larre E.Rochat de la Vallée

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Extrait de Posture et Shiatsu mémoire par T.Lambert au cours de sa formation auprès de l'ARTEC

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Rédigé par Thierry Lambert

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Publié le 12 Juin 2017

CE QUE REVELE LE YI JING (YI KING) SUR SHEN NONG : LE DIVIN LABOUREUR
 
Lorsque le clan de Pao Hi (autre nom de Fou Xi) eut disparu, vint le clan du divin Laboureur. Il fendit un morceau de bois pour en faire un soc et recourba un morceau de bois pour en faire un manche de charrue. Il enseigna au monde entier l'avantage qu'il y avait à ouvrir la terre à l'aide de la charrue. Il tira sans doute cette invention de l'hexagramme : L'AUGMENTATION. (Yi Jing Da Zhuan chapitre II § 3)

 

L'hexagramme n°42 ; images et sens

http://img.over-blog-kiwi.com/0/79/15/64/201311/ob_683ac6_yi-l-augmentation-hexagramme.jpg

est composé des trigrammes xun signifiant la pénétration et zhen le mouvement, tous deux rattachés au bois.

http://img.over-blog-kiwi.com/0/79/15/64/201311/ob_80247763bd2ee9af60e090a3a1312bee_xun-le-bois-trigramme.jpg

D'autre part les deux trigrammes nucléaires (1)  kun et gen eux sont rattachés à la terre, de là l'idée d'ouvrir (le mouvement) la terre; la charrue (instrument en bois)

http://img.over-blog-kiwi.com/0/79/15/64/201311/ob_44721ff3ea5dce66b9e071eefd5d8f84_kun-la-terre-trigramme.jpg

http://img.over-blog-kiwi.com/0/79/15/64/201311/ob_dd6ac0_zhen-le-tonnerre-trigramme.jpg

http://img.over-blog-kiwi.com/0/79/15/64/201311/ob_9f2450_gen-la-montagne-trigramme.jpg

Précisons également que l’on prêtait auparavant un autre nom au personnage de Shen Nong il s'agissait de Yandi ; celui-ci possédait une tête de bœuf.

LES IDEOGRAMMES SHEN ET NONG

Les sens contenus dans les idéogrammes Shen et Nong nous en disent long sur l'influence qu'il a pu exercer.

Sens du caractère Shen
 
  • les esprits (les uns d'origine céleste,
     les autres étant des êtres humains
     divinisés ou canonisés) dieux, divinités,
     génies, principe vital supérieur, 
    quintessence de l’énergie vitale supérieure,
     âme supérieure, esprit, vitalité, entrain,
     énergie, allant, prodigieux, 
    merveilleux, surnaturel, miraculeux.
    4317 (Ricci)
 
Il est composé de :
 
  • Shi signifiant Influences venant d'en haut,
     signes de bon ou de mauvais augure.
     Par exemple le ciel instruit les hommes ;
     les deux lignes horizontales figurent le ciel,
     les trois lignes verticales expriment ce qui
     pend du ciel ; le soleil, la lune, les étoiles
     dont les mutations révèlent aux hommes
     les choses transcendantes 
    (Wieger 3)
  • Et de Shen : le caractère ancien
        exprimait l'idée de l'expansion alternante
        des forces naturelles
        (Wieger 50 C)
 
Sens du caractère Nong
 
  • Agriculture, cultiver la terre, agriculteur, cultivateur, paysan (Ricci 3704)
  • Le laboureur, l'homme des champs (une tête, deux mains et l'aube) Wieger 50 Q

 

 

Shen Nong est la représentation symbolique des influences célestes sur la terre, l'idéogramme Shen est associé au ciel, celui de Nong à la terre. Shen Nong inaugure l'ère de l'agriculture et de l'utilisation de la terre comme moyen de production et de commerce. L'homme apprend à se nourrir et à utiliser les plantes. Shen Nong encore appelé Yandi frappait selon la légende les plantes avec un bâton annelé afin d'en faire sortir les propriétés (2), il en aurait goûté soixante-dix par jour. Il se serait empoisonné en absorbant des plantes venimeuses. On le dit aussi découvreur du thé.

 

 

 

Il est l'un des cinq empereurs associés chacun à une direction ; empereur du Sud, du Feu et du Soleil, les hommes et les plantes se tournent vers lui pour lui faire face afin d'absorber ses rayons (« ce qui pend du ciel »)

 

 

 

Peut-être cela provient-il d'un ancien culte au soleil ? Dans certaines représentations de Shen Nong, la couleur de sa face est rouge. On le considère comme l'auteur du Shen Nong Ben Cao Jing (matière médicale classique de Shen Nong). Ce texte consacré à l'acupuncture et à la pharmacopée aurait plutôt été rédigé au 1er siècle av J.C. Dans cet ouvrage sont répertoriées plus de 400 drogues.

Un courant de pensée s'est réclamé de l'esprit de Shen Nong, il était d'usage d'associer un personnage illustre à un mode pensée afin de lui donner autorité.(3) Shen Nong incarnait l'idéal politique de subvenir à ses besoins propres en cultivant la terre. Le chapitre 80 de Lao zi exprime l'esprit de ces petites communautés :

"(Si je gouvernais) un petit royaume et un peuple peu nombreux, n'eût-il des armes que pour dix ou cent hommes, je l'empêcherais de s'en servir. J'apprendrai au peuple à craindre la mort et à ne pas émigrer au loin. Quand il aurait des bateaux et des chars, il n'y monterait pas. Quand il aurait des cuirasses et des lances, il ne les porterait pas. Je le ferais revenir à l'usage des cordelettes nouées. Il savourerait sa nourriture, il trouverait de l'élégance dans ses vêtements, il se plairait dans sa demeure, il aimerait ses simples usages. Si un autre royaume se trouvait en face du mien, et que les cris des coqs et des chiens s'entendissent de l'un à l'autre, mon peuple arriverait à la vieillesse et la mort sans avoir visité le peuple voisin".

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(1) Les trigrammes nucléaires forment les quatre traits médians d’un hexagramme tout en se chevauchant mutuellement en utilisant leurs traits médians

(2) P 169 Chine J.Pimpaneau

(3) P 166 167 Histoire de la pensée chinoise A.Cheng

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Sources :

Chine J.Pimpaneau

Histoire de la pensée chinoise A.Cheng

Lao-Tseu Tao Te King traduction S.Julien Mille et une nuits

Yi JIng Librairie de MEDICIS

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Rédigé par Thierry Lambert

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Publié le 6 Mars 2017

Le pain c’est simple ; de la farine, de l’eau et une pincée de sel, à écouter un cultivateur et boulanger Jean François Berthellot de la région d’Agen, à savourer…écouter...savourer...le plaisir du pain !

 

Jean-François Berthellot parle avec toute sa passion du blé et de sa maturité au moment de la saint Jean, au pic de l'été, rappelons que le blé est associé à la saison d'été, au feu de l'énergétique chinoise, de même que le maïs vient en maturité en fin d'été, il est lui  associé à la période terre de l'énergétique chinoise, preuve encore que l'énergétique n'est pas quelque chose d'étranger à notre culture, c'et bien l'observation de la nature qui en est la source, soyons donc attentif à celle-ci et à ses manifestations, ouvrons grand nos oreilles et nos sens...

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Rédigé par Thierry Lambert

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