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Publié le 21 Juillet 2017

Nous avons suivi les explications de J.M Eyssalet tirées de son livre consacré aux cinq éléments, [1] il y décrit la façon traditionnelle de peindre un yin yang.

1er phase : le peintre peint un cercle de couleur noire, celui-ci symbolise le yin

2ème phase : il pose la pointe de son pinceau
en bas à gauche du cercle,
 ce mouvement symbolise la naissance du yang

3ème phase : d’un mouvement de pinceau,
 il peint une espèce de têtard de couleur rouge,
 symbolisant la croissance du yang

4ème phase : Il ajoute un point rouge en bas
 dans la partie droite du cercle symbolisant la décroissance du yang

Cette représentation du yin yang diffère des représentations habituelles de ce diagramme ; elles sont le plus souvent composées d’éléments de couleur blanche et d’autres de couleur noire. Etudions la représentation proposée par Eyssalet qui nous semble posséder de réels attraits.

Le cercle noir de départ représente le yin, le yang naît du plus profond du yin, il se développe tout en couvrant la partie gauche.

Le yin est sous-jacent ; ceci est représenté par la circonférence du cercle
 qui est de couleur noire

Le point rouge du côté droit du cercle représente la décroissance du yang. Le yin ne croit ni ne décroît, il est caché ou bien apparent. Essaylet compare ceci aux phénomènes du jour et de la nuit. La lumière du soleil voile les étoiles alors qu’elles sont pourtant présentes, et lorsque le soleil disparaît, la nuit tombe et les étoiles apparaissent petit à petit ; Il s’agit pour le yin yang du même phénomène. Le yang se développe cachant le yin, le yang décroît le yin apparaît. Il y a bien une croissance du yang, par contre il n’y a pas de croissance du yin, il ne croit ni ne décroît étant donné qu’il est sous-jacent. Toujours pour Eyssalet, l’énergie n’est que yang, ce qui est habituellement appelée énergie yin n’est en fait que du yang qui décroît…

L’utilisation de la couleur rouge et de la couleur noire entre en résonance avec les couleurs associés aux animaux mythiques reliés aux quatre directions, dans ce système, le nord est associé à la couleur noire et à la tortue, le sud est associé à la couleur rouge et à l’oiseau flamboyant.

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[1] Les cinq chemins du clair et de l’obscur Jean-Marc Eyssalet Guy Trédaniel éditeur p 33

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Rédigé par Thierry LAMBERT

Publié dans #Histoire et tradition

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Publié le 18 Juillet 2017

ORGANES/ENTRAILLESTITRESRÔLES

Organes et entrailles ; images et rôles selon la tradition médicale chinoise d'après Shizuto MASUNAGA (Zen exercices visualisés)

POUMONSPremier ministres'occupe de la gestion des affaires extérieures ainsi que du bon ordre des affaires intérieures
GROS INTESTINOfficier de transmissiontransmet la volonté du premier ministre (les poumons) et l'exprime en terme  d'actions pratiques
RATE/ESTOMACOfficierscontrôlent le magasin des céréales
COEURSouverainoù la conscience naît
INTESTIN GRÊLE qui reçoit et transforme les substances nourricières
VESSIE

Gouverneur d'une capitale

commande la circulation de l'eau
REINS ministres solides et capablesdont on tire l'habilité technique et l'expertise
MAÎTRE DU COEURPalais officield'où l'on tire plaisir et allegresse
TRIPLE RECHAUFFEUROfficierchargé de l'eau
VESICULE BILIAIREOfficier impartialexécute la volonté du général (le foie) en prenant les décisions en première ligne
FOIEGénéral militairedécide d'un stratégie

 

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Rédigé par Thierry Lambert

Publié dans #Histoire et tradition

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Publié le 6 Juillet 2017

Voici une historiette amusante appartenant au Lie Zi (Lie-tzeu ou Lie-tseu) au chapitre 5 du « vrai classique du vide parfait », nous y trouvons une intéressante allusion aux liaisons entre les organes et les sens.

« L’empereur Mou[1] des
 Tcheou étant allé chasser
 à l’ouest,
franchit les monts
 K’ounn‑lunn,
 alla jusqu’à Yen­chan,
 puis revint vers la Chine.
 Sur le chemin du retour, on lui présenta
 un artiste nommé Yen-cheu.

— Que sais-tu faire ? lui demanda l’empereur.
— Que Votre Majesté daigne me permettre de le montrer, dit l’artiste.
— Je te donnerai un jour, dit l’empereur.


Quand le jour fut venu, Yen-cheu se présenta devant l’empereur,
 avec une escorte.

— Qui sont ceux-ci ? demanda l’empereur.
— Ce sont mes créatures, dit Yen-cheu ; elles savent jouer la comédie.

L’empereur les regarda stupéfait. Les automates de Yen-cheu
 marchaient, levaient et baissaient la tête,
 se mouvaient comme des hommes véritables
. Quand on les touchait au menton,
 ils chantaient, et fort juste.
 Quand on leur prenait la main,
 ils dansaient, en cadence. Ils faisaient tout
 ce qu’on peut imaginer.

L’empereur décida de les donner en spectacle
 à son harem. Mais voici que, tout en jouant
 la comédie, les automates tirent des œillades
 aux dames. Furieux, l’empereur allait faire
 mettre Yen-cheu à mort,
 croyant qu’il avait frauduleusement
 introduit des hommes véritables.

Alors celui-ci ouvrit ses automates, et montra à l’empereur
 qu’ils étaient faits de cuir et de bois peint et verni.
 Cependant tous les viscères étaient formés, 
et Yen-cheu démontra à l’empereur, que, 
(conformément à la physiologie chinoise), 
quand on enlevait à un automate son cœur,
 sa bouche devenait muette ; quand on lui enlevait le foie,
 ses yeux ne voyaient plus ; quand on lui enlevait les reins,
 ses pieds ne pouvaient plus se mouvoir.


— C’est merveilleux, dit l’empereur calmé ; tu es presque
 aussi habile que le Principe auteur de toutes choses ;
Et il ordonna de charger les automates sur un fourgon,
 pour les rapporter à sa capitale.

Depuis lors on n’a plus rien vu de semblable. Les disciples
 de Pan-chou l’inventeur de la fameuse tour d’approche
 employée dans les sièges, et de Mei-ti le philosophe
 inventeur du faucon automatique, pressèrent vainement
 ces deux maîtres de refaire ce que Yen-cheu avait fait.
 Ils n’osèrent même pas essayer (la force de volonté
 capable de produire la continuité efficace leur manquant).»

 

 

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Sources :

Les pères du système taoïste L.Wieger Cathasia

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[1] Le roi Mu ou Muwang 5ème empereur de la dynastie des Zhou (-1121, -256), il régna de -1001 à -946

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Remarque :

La traduction de Wieger utilise la transcription de l’école française d’Extrême-Orient et non le pinyin, ce qui explique ces différences de transcription du chinois dans notre langue.

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Rédigé par Thierry Lambert

Publié dans #Histoire et tradition

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Publié le 1 Juillet 2017

NON-INTERVENTION

Cette non-intervention que le texte « écoute du cœur et rencontre thérapeutique » souligne comme ligne directrice de l’action ou non-action du thérapeute appartient aux principes essentiels du Hakko-Ryu  Il s’agit du deuxième des principes de cette école de Ju-Jitsu qui comprend dans son enseignement le Koho Shiatsu ; voici ce principe :

« La capacité de réaction par la non intervention : 
agir sans chercher à intervenir »

Cette notion de non-intervention provient de l’influence de la philosophie taoïste ; la non-intervention ou le Wu Wei. Le Wu Wei guide le taoïste dans son action  ou non-action.

Etymologie du caractère Wu

Wu

 

une action 
d’une multitude d’hommes
 sur une forêt ; déboisement. 
Prend le sens
 de négation
 (Wieger 24)

Sens du caractère Wei

Wei

 

faire, pratiquer,
 agir, agir en
 qualité de
 (Ricci 5507)

 

Littéralement Wu Wei se traduit donc par ne pas faire ou non faire,
 A. Cheng nous précise cette notion du non faire, nommé le plus souvent non agir
 
« le non agir ne consiste pas à ne rien faire 
au sens de se croiser les bras passivement mais
à s’abstenir de toute action agressive,
 dirigée, intentionnelle, interventionniste 
afin de laisser agir l’efficacité absolue, 
la puissance invisible (De) du Dao »

Il nous semble important de s’arrêter sur ce De,

c’est celui-là même que l’on trouve associer à Dao

dans l’œuvre majeure de la pensée taoïste ;

le Dao De Jing de Lao Zi ils forment

les deux piliers de l’enseignement du vieux maître.

 

De se traduit par :

bienveillance, bonté, bienfaisance, 
reconnaissance, conduite (bonne ou mauvaise),
vertu, moralité, énergie, influence, pouvoir.

 

Voici l’étymologie du caractère

le Wu Wei (non-intervention)

 

Faire un
 pas en 
avant du
 pied gauche Sens étendu, marcher

Wieger 63 A

 

rectitude

du cœur

Wieger 10 O

 

 

démarche

dirigée par

un cœur

droit,

bonne

conduite,

vertu

Wieger 10 O
  

L’efficacité (le De) émane du Dao (ou Do en japonais) selon A. Cheng, l’effacement du thérapeute permettrait l’émergence de cette puissance qui dépasse l’humain. Le De c’est l’image d’un cœur droit en marche, ne pourrait-elle pas devenir l’idéal d’un être simple au cœur généreux, cherchant à aider ses patients. La notion de Wu Wei et de Xu Xin semble se rejoindre ; elles deux préconisent une action non dirigée, guidée ou inspirée par le Dao.

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(Extrait de Posture et Shiatsu mémoire de T. Lambert rédigé au cours de sa formation auprès de l'ARTEC)

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Rédigé par Thierry Lambert

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Publié le 27 Juin 2017

 

 

 

 

HUANG

Jaune, la couleur de la terre labourée  (Wieger 24 L)

Jaune, ocre (une des cinq couleurs, couleur de la terre, couleur de l’empereur et de la famille impériale (Ricci 2235)

Le jaune n’est pas uniquement associé à Huang Di mais aussi à tous les empereurs qui lui succéderont. Cette couleur se rattache à la terre chinoise de couleur ocre associée au centre ; les chinois se voyant au centre du monde, d’où la dénomination de la Chine comme l’empire du milieu.

 

DI
 

Souverain, empereur, monarque, divinité, dieu, le souverain du ciel, le ciel (personnifié) (Ricci 4815)

L’empereur, celui qui gouverne l’Empire (Wieger 120)

 

HUANG DI ; FONDATEUR DE LA CIVILISATION CHINOISE
 

Le Da Zhuan [1](chapitre II histoire de la civilisation) décrit l’œuvre civilisatrice de Huang Di,  après lui nous trouvons deux autres personnages ; Yao et Shun. Chacune de leurs inventions ; des idées maîtresses comme le souligne Wilhelm, leurs ont été inspirées par les sens contenus dans les hexagrammes. Ces idées maîtresses forment le début d’une civilisation ;

Développement du commerce et de l’agriculture
Protection des richesses et des personnes
Organisation sociale basée sur le respect des aînés
L’écriture comme ciment de la société.

 

 

HUANG DI INAUGURE LES DYNASTIES CHINOISES

A.Cheng fait remarquer que le Lüshi Chunqiu ou printemps et automne du sieur LÜ met en relation les cinq éléments et les dynasties chinoises inaugurées par Huang Di. La succession de ces dynasties suit le cycle Wu dit de conquête. « Une dynastie est remplacée par une autre lorsque sa puissance ou vertu s’épuise »[2]

Le cycle Wu de violation serait antérieur aux cycles d’engendrement Sheng et aussi à celui de contrôle Ke. En combinant la représentation des quatre saisons avec la succession des dynasties, on obtient selon A.Cheng le cycle d’engendrement des cinq éléments encore appelé le cycle des sédentaires. A partir des Han, la dynastie qui suit celle des Qin, est associée au bois.

Toujours selon A.Cheng, le cycle d’engendrement qui commencerait avec les Han serait une combinaison des quatre saisons (représentation spatiale des saisons et des éléments) et du cycle Wu (représentation dynamique des cinq éléments)

Fait remarquable, dans la forme de yi yin fa du Ling Bao Ming de l’école San Yiquan, les premiers exercices de la série "Ciel" de ces yi jin fa utilisent cinq sons associés chacun à un élément, ces sons se succèdent dans l’ordre du cycle Wu, les exercices qui les suivent dans cette même série utilisent les mêmes sons en suivant cette fois l’ordre du cycle Sheng (cycle d’engendrement) Qu’en conclure de ce constat ? L’enracinement de cette école dans l’histoire chinoise… Une parfaite similitude avec l’adaptation de l’humain aux phénomènes de la nature (le Qi, le Yin et le Yang, les cinq éléments Wu Xing)...

HUANG DI ET LE NEI JING SU WEN

Huang Di serait à l’origine du Nei Jing Su Wen dans lequel est exposé la théorie de l’énergétique chinoise sous la forme de questions/réponses entre un maître Qi Bo et Huang Di lui-même. Huang Di expose les raisons qui l’ont poussé à écrire ou faire écrire ce texte.[4]

« Houang-Ti s’adresse à Tch’i Pai :

Moi qui suit le chef d’un grand peuple

Responsable d’une multitude de familles,

Et qui devrais donc en percevoir les impôts,

Je constate avec affliction que je n’en perçois point

Parce que mon peuple est malade.

 

Je veux que l’on cesse d’administrer des remèdes

Qui rendent mon peuple encore plus malade.

Je veux que l’on abandonne les Pien Cheu

Pour n’employer désormais que les aiguilles de métal

Que l’on pique dans les Tching[5]

Afin d’agir sue les Sueh et le Tch’i[6]

Et d’en rétablir le bon équilibre

 

Afin que cet art puisse être transmis aux générations futures

Il faut que ses lois soient définies

Que sa pratique se développe et s’étende sans cesse

Qu’on ne l’oublie surtout pas

Et qu’elle devienne facile à appliquer.

 

Il faut donc consigner ses règles par écrit

Il faut en marquer les différences

Distinguer les internes et les externes

Et que chacune soit exprimée clairement

Sans oublier les règles de manipulations des aiguilles

Tel est mon sentiment. »

C’est un manifeste d’un souverain qui décide fermement que l’acupuncture doit prendre une place importante et que ce texte ; Nei Jing Su Wen devienne la référence pour les générations futures.

 

 

HUANG DI ; L’ANCETRE

 

Un culte est encore donné à Huang Di de nos jours, un mausolée lui est consacré à Huangling dans le Shaanxi au nord-ouest de la Chine. Interdit pendant la révolution culturelle, il est autorisé depuis 1979. Les chinois viennent honorer leurs ancêtres et donc leur ancêtre Huang Di au cours de la fête traditionnelle de Pure-Clarté, occasion de manifester sa piété filiale et son respect envers les ancêtres en la personne de Huang Di. Durant l’histoire chinoise, de nombreux empereurs des dynasties chinoises lui ont fait hommage, imités ensuite par les représentants du gouvernement chinois communiste.

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[1] Une des « ailles » du Yi Jing ou livre des transformations

[2] P 257 Histoire de la pensée chinoise A.Cheng

[4] P 17 Nei Tching Sou Wen traduction J-A Lavier PARDES

[5] Les méridiens

[6] Le sang et l’énergie

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SOURCES :

Histoire de la pensée chinoise A.Cheng

Les barbares et la Chine article revue Tao Yin par Josie Pin

Nei Tching Sou Wen trad. Lavier

Illustration Qi Bo et Huang Di dans Nei Tching Sou Wen PARDES

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Rédigé par Thierry Lambert

Publié dans #Histoire et tradition

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