Publié le 27 Février 2026

S'asseoir en méditation [1]

 

         

         Trouver la posture idéale afin de pouvoir s’asseoir quelques instants pour méditer ou pour se livrer à des automassages, n’est pourtant pas une mince affaire. Beaucoup de personnes ont perdu l’habitude de s’asseoir comme ils le faisaient dans leur petite enfance, ainsi simplement s’asseoir au sol est devenu un problème au fil du temps. Afin de remédier à ces contraintes, il est possible d’aménager les postures, c’est ce que nous allons vous proposer dans ces lignes.

 

         

Tout d’abord, en introduction sur ce sujet, écoutons les conseils de sagesses issus du Yi Jing[2]. Cet ouvrage utilisé à des fins de divination, dépasse cette simple utilité, dans les parties du texte consacrées aux hexagrammes[3], nous trouvons des commentaires dont le sens n’est pas à démontrer.

         Voici un exemple tiré de l’hexagramme 52 « l’immobilisation »

« La paix doit naître et s’étendre d’un façon toute naturelle à partir d’un état de recueillement intérieur. Si l’on veut réaliser de force la paix au moyen d’un raidissement artificiel, la méditation entraînera des effets fâcheux et graves »

          Ceci doit nous alerter sur l’importance du lâcher-prise, il ne suffit pas d’adopter une posture (même parfaite !!!), la disposition de l’esprit prime.

LA POSTURE DE L’EMPEREUR (posture sur une chaise)

 

 

 

 

 

Certainement la posture la plus aisée à maintenir, pourtant elle nécessite de s’y arrêter un instant.

 

 

 

 

yesSe tenir au bord de la chaise, le poids du corps venant sur l’avant
des ischions [4] (vers le pubis)
yesPlacer un coussin entre les ischions et la chaise afin de ne pas blesser.
yesDans cette position, conserver la courbe naturelle de votre colonne lombaire. 
yesPlacer les mains à votre convenance. Cette position peut servir de posture de méditation
 mais aussi de position de travail si vous êtes un travailleur assis.


Voici quelques réglages


Equilibrer le corps entre la gauche et la droite 

 

yesPorter le poids du corps sur un côté, l’ischion du côté opposé se soulève, 
yesEffectuer des balancements d’un côté vers l’autre 
yesEt ensuite équilibrer l’appui de votre bassin entre la gauche et la droite. 

 

Equilibrer le corps entre l’avant et l’arrière

 

yesPetits balancements d’avant en arrière à partir des articulations des hanches.

yesPar ces petits balancements, chercher à placer le corps en équilibre, afin de limiter au maximum les contractions musculaires des muscles de la face avant et arrière du corps.

  
Alignements des jambes
 
yesPlacer les deux pieds parallèles et écartés de la largeur du bassin, 
ceci permet d’aligner articulations des hanches, des genoux et des chevilles. 
yesToute la surface des pieds pose au sol. 
yesRégler le siège afin que les genoux soient placés un plus bas que les hanches, 
yesFémurs (les cuisses) horizontaux
yesTibias verticaux. 
yesSi le siège ne se règle pas en hauteur, placer un coussin afin de rehausser le bassin
 afin que les hanches soient un peu plus hautes que les genoux.
yesSi le siège est trop haut et que les pieds ne touchent pas le sol, 
placer un petit tabouret afin de pouvoir poser les pieds. 

_______________________________________________________________________

 

POSTURE DU TAILLEUR (Sukhasana posture du bonheur inde)

 

          C’est certainement la position assise au sol la plus usitée parce que la plus facilement réalisable par le plus grand nombre, pourtant des précautions sont à prendre vis-à-vis de l’intégrité corporelle. Nous ne reviendrons pas sur l’importance d’équilibrer la répartition du poids du corps entre avant/arrière et gauche/droite. S’asseoir sur l’avant des ischions, conserver les courbures naturelles de la colonne, trouver un coussin adapté à votre morphologie afin de rehausser le bassin permettant aux articulations des hanches de se trouver un peu plus hautes que les genoux, n’hésitez pas à utiliser un 2ème coussin si besoin

 

         Il est de plus possible de soulager les genoux et les chevilles en plaçant un coussin sur chacun des côtés afin de supporter le poids des jambes ainsi la position devient moins contraignante pour les articulations, il devient ainsi plus aisé de procéder ensuite aux exercices souhaités.

 

Voici comment placer les jambes en position de tailleur 

 

yesPour les femmes : jambe droite à l’intérieur, jambe gauche à l’extérieur

yesPour les hommes : jambe gauche à l’intérieur, jambe droite à l’extérieur

 

_________________________________________________

POSTURE A GENOUX (seiza Japon, Vajrasana posture du diamant Inde)

 

yesPosition de méditation, position de travail

yesS’asseoir entre ses talons

yesEquilibrer la posture entre la gauche et la droite et entre l’avant et l’arrière

yesConserver les courbures naturelles de la colonne

 

 

Cette position ne peut être tenue par certaines personnes qu’avec beaucoup de difficultés du fait de l’hyper flexion des genoux et de l’extension des chevilles. Des aménagements sont possibles pour pallier à ces contraintes :

 

yesPlacer un coussin entre les cuisses et les jambes ou poser le bassin sur un coussin afin de limiter la flexion des genoux, ou aussi un petit siège

yesAdopter la posture hantachi où les orteils sont en flexion plantaire[5]

 

         La posture seiza permet une position antéversée et aussi rétroversée du bassin. Si nous poussons à l’extrême l’antéversion, le poids du corps vient vers l’avant, vers les genoux. C’est ce que nous faisons si nous voulons nous lever à partir de cette posture. Si nous poussons à l’extrême la rétroversion, le poids se répartit plutôt vers l’arrière au niveau des chevilles ou des coups de pied. Mais cette position rétroversée comprime l’abdomen, donc les organes internes, elle n’est donc pas conseillée, un juste milieu entre ces deux positions serait plus indiqué.

          Seiza n’est pas une posture de repos, elle est utilisée dans de nombreux domaines ; artistique, martial, ou plus simplement dans la vie de tous les jours. Voici la manière traditionnelle de s’asseoir en seiza ;

« …à partir de Shizenta,[6] on recule le pied gauche, les orteils fléchis glissant sur le plancher, le genou gauche vient se poser à la place où se trouvait le pied gauche. Procéder de façon identique pour le pied droit et le genou droit. A partir de la position agenouillée droite ainsi obtenue, on pose les fessiers sur les talons en allongeant les orteils… »[7]

[1] Selon de Sambucy les hindous ainsi que les psychotechniciens modernes pensent que les jambes sont associées aux mouvements des idées, la situation assise serait donc propice aux instables

[2] P 240 Yi King le livre des transformations R.Wilhem E.Perrot Librairie de Médicis

[3] Ensemble de six traits continus ou discontinus, résultat du tirage du Yi Jing, illustrant une situation sensée apporter une réponse à la question du consultant

[4] Partie la plus basse du bassin, celle sur laquelle vous reposez en étant assis

[5] Elle peut servir de posture de remplacement à seiza surtout si cette dernière provoque des crampes, hantachi permet d’ailleurs de les éliminer en plaçant les orteils en flexion plantaire.

[6] Position debout

[7] Encyclopédie des arts martiaux de l’Extrême-Orient G et R Habersetzer p 617

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Rédigé par Thierry Lambert

Publié dans #Postures

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Publié le 23 Février 2026

 

JING
Définition (989 Ricci)

Repos ; calme. Immobile. En repos (phys) statique

Silence. Silencieux

Paix. Tranquillité. Paisible ; pacifique ; tranquille

 

Etymologie (Wieger 79F)

 

jing

 

 

Composé de

 

qing

Vert

la couleur des plantes qui se développent

le vert gai des jeunes feuilles

 

 

Et de

 

zheng

Tirer en sens contraire

se disputer

lutter

 

         J-M Eyssalet y voit la couleur bleu-vert, mais aussi un vert sombre, voir noir, il évoque également le regard que l’on peut porter à l’horizon lorsque l’on contemple la nature (l’océan à perte de vue) Il associe cette couleur à la qualité de la lumière à l’Est, pour lui ce qu’il y a de plus lointain à l’Est rentre dans l’espace vécu au centre de soi même[1]

          Plus loin il précise que chaque espace est associé à une couleur ; le vert pour l’est, le rouge pour le sud, le blanc pour l’ouest, l’ocre pour le centre et le noir pour le nord. Ces couleurs se manifestent quelquefois pendant le temps d’assise, libre à nous d’y trouver un signe en lien avec les cinq éléments. Pour le maître de taiji quan Wang Yen Nien, les lumières qui apparaissent quelquefois durant l'assise constituaient des indications précieuses à prendre en compte sur les événements à venir.

           

Deux points importants ; horizontalité du regard et yeux mi-clos

          Cela peut sembler paradoxal de parler de maintenir le regard à l’horizon alors que la pratique s’effectue yeux mi-clos, pourtant le maintien du regard à l’horizon conditionne toute la statique du corps. Même si dans cette pratique on est amené à porter le « regard » en soi, il est important afin d’éviter que le corps ne s’affaisse de conserver le regard à l’horizon. Les yeux mi-clos permettent de laisser un rai de lumière pénétrer entre les paupières.

 

 

 

 

[1] P 150 les cinq chemins du clair et de l’obscur

 

ZUO 
Définition (5155 Ricci)

S’asseoir ; être assis.

Être assis sur

(anc) Être agenouillé assis sur les talons

 

 

Etymologie (Wieger 27D) 
zuo

Composé de

 

ren
Homme
Et de
tu
Terre
Deuxhommes assis par terre à l’antique et tournés l’un vers l’autre pour causer

          Selon de Sambucy les hindous ainsi que les psychotechniciens modernes pensent que les jambes sont associées aux mouvements des idées, cette affirmation semble indiquer que les postures assises favorisent le calme et la paix

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Publié le 20 Février 2026

Rédigé par Thierry Lambert

Publié dans #Regards

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Publié le 19 Février 2026

Rédigé par Association Le Bambou

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Publié le 12 Février 2026

LE PRINTEMPS  
CHUN

 

Images contenues dans le caractère

 

Germination et pullulation des plantes sous l’action du soleil (Wieger 79A)

 

 

  

LES SAISONS CHINOISES

          En occident,  le début des saisons correspondent aux solstices et aux équinoxes, pour les chinois ces périodes coïncident aux pics des saisons. Les saisons chinoises commencent donc à peu près 45 jours plus tôt que les solstices et équinoxes Une autre particularité est la 5ème saison ou intersaison qui couvrent les 9 derniers jours de la saison en cours et les 9 premiers jours de la saison à venir.

  

QU’EST-CE QUE LE YANG SHENG ?

         Yang sheng que l’on peut traduire par “nourrir la vie” est la faculté de vivre en harmonie avec l’univers, de s’accorder avec les principes de l’énergie exposés dans le nei jing su wen

          Le printemps représente la renaissance après la « mort » de l’hiver, le yang montre le bout de son nez aux alentours du début février, c’est à cette époque que l’on fête le nouvel an dans les pays asiatiques, le symbole du printemps est le dragon. Rappelons que la date du printemps est le lendemain de la nouvelle lune la plus proche du 4 février ; voici la manière de la calculer.

 

LA SAISON DU PRINTEMPS SELON LE NEI JING[1]

 

Les trois mois du printemps

Sont une période de manifestation vitale

Et de préparation

Alors le monde renait

Et tout tend à se développer.

Le matin, au lever,

On fera une longue marche

Avant de procéder aux soins corporels

Ce sera alors se comporter normalement

 

La tendance du printemps est à la vie, non à la mort :

C’est le moment de donner, non de prendre

De récompenser, non de punir

Tout cela répond à l’influx du printemps

Que le Tao appelle Cheng

Ne pas en respecter le principe affecte Kan (foie)

Et en été, apparaitront des refroidissements

Dont le moindre symptôme

Aura l’allure Tchang de l’été

L’accord sur les influx saisonniers (chapitre 2)

 

 

L’EST SELON LE NEI JING[2]

 

L’est a la couleur verte

Qui irrigue Kan

Et ouvre les yeux

Qui dépendent de Kan

Son symptôme principal est la frayeur

 

Sa saveur est acide

Son symbole l’élément bois

Son animal le poulet

Sa graine le blé

Sa saison le printemps

Sa planète Jupiter

L’énergie du printemps est dans la tête

Son intervalle musical est la tierce

Son nombre huit

Ses maladies sont aux muscles

Et son odeur est fétide

 

 
LE FOIE ORGANE DU PRINTEMPS SELON LE NEI JING

 

Le point cardinal est engendre le vent

Qui engendre l’élément bois

Qui engendre la saveur acide

Qui engendre Kan

Qui engendre les muscles

Qui engendre Sin (cœur)

Kan commande les yeux

Qui voient les merveilles du ciel

Le Tao chez l’homme

Les mutations sur le sol

Ces mutations engendrent les cinq saveurs

Le Tao engendre la sagesse

Les merveilles mystérieuses engendrent l’esprit

Qui répond au vent dans le ciel

Et à l’élément bois sur le sol

Dans l’organisme, c’est le tissu musculaire

Et Kan est son Tsang (organe) spécifique

Sa couleur est le vert

Son intervalle musical la tierce

Son expression vocale le soupir

Qui se transforme en saisissement

Son orifice est l’œil

Sa saveur acide

Son sentiment la colère

Le vent nuit aux muscles

Mais la sécheresse domine le vent

L’acide nuit aux muscles

Mais le piquant domine l’acide

 (Chapitre 5 Su Wen)[3]

 

 

L’ALIMENTATION DU PRINTEMPS/CONSEILS DIETETIQUES ET ENERGETIQUES EN ACCORD AVEC LE MOUVEMENT ENERGETIQUE DE LA SAISON[4]

 

Généralités

 

          Les plats riches de l’hiver font place à une nourriture plus dépurative pour favoriser la détoxication et permettre une régénération du sang.

On consommera les jeunes légumes fraichement poussés, ils permettent d’éliminer les excès de l’alimentation lourde de l’hiver. L’alimentation doit susciter une remise en mouvement et une extériorisation de l’énergie. Elle peut être de nature tiède (diminuer les aliments de nature froide) facilitant les circulations des qi.

 

 

 

Les natures des aliments

quelques exemples

 

NATURE ALIMENTS
CHAUDE piment, poivre noir, cannelle..
FROIDE algues, ananas, crustacés..
TIEDE ail, oignon, fenouil..
FRAIS menthe, verveine, radis noir, soja vert.. 

 

 

Les saveurs

 

  • Saveur douce relié à la rate à l'estomac ; harmonisant, relâchant, détendant. Parce que l'énergie du  bois est forte à cette saison, comme le bois contrôle la terre (cycle de domination), il faut soutenir celle-ci.
  •  Saveur piquante pour tonifier, faire circuler afin de favoriser l’extériorisation

On diminue les saveurs

  • Acide qui collecte et rétracte (l'acide est astringent, il ressere les tissus et diminue les secrétions)
  • Salée qui ramollit et assouplit
  • Amère qui durcit et dessécher
  • Le foie et le VB sont les cibles de cette saison, la saveur acide risque de les épuiser, elle doit être évitée au printemps

 

Modes de préparation

 

 

Légumes frais, ou peu cuit (sauté au Wok)

 

 

 

Pratiques énergétiques

         

           Le mouvement général du printemps est le réveil (les jeunes pousses sortent de terre), la mise en mouvement, la verticalité, la rotation, le tonus musculaire. On accompagne le mouvement d’extériorisation en se levant tôt et en libérant toutes contraintes au niveau des muscles et des articulations.

          L’accent est mis sur le travail musculaire (en douceur  au début de la saison). La pratique se déroule plutôt à l’extérieur (se protéger du vent fort) Exercices en rapport avec le printemps :        

  • Etirements (Yi jin Jing) ; action sur la fonction musculaire
  • Marches
  • Exercices de Tui Shou (poussée des mains)
  • Chi Na (techniques de saisie)

 

 


[1] Canon de la médecine chinoise attribué à Huang Di (2697-2599) appelé aussi la « Bible des acupuncteurs »

[2 P48-49 Nei Tching Sou Wen Pardès

[3] P53-54 Nei Tching Sou Wen Pardès

[4] Sources : « La diététique chinoise » de Christophe Labigne, cours de Christophe Huchet (Yangsheng tao)

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Rédigé par Thierry Lambert

Publié dans #Yang Sheng

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